Jean-Jacques CHAMBRY  07.68.31.94.86

Montpellier / Hérault / FRANCE

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Fils de lumière...

08/23/2015

 

 

Je connais depuis quelques années les tableaux de Jean-Jacques Chambry réalisés dans le Sud de la France; j’ignore ceux de sa période rouennaise. Mais je sais comme par intuition que la lumière les habite tous, une lumière toute méditerranéenne ne laissant aucune chance à l’ombre. Ces toiles sont tellement claires qu’elles me sont comme mystérieuses… 

Cela voudrait dire que son installation récente près des rivages de la mer n’y aurait rien changé : la lumière hante ses compositions, comme chez d’autres le clair-obscur ou le monochrome. Il la porte déjà en lui. Elle préexiste à l’exécution de ses toiles. Elle peut être du Midi, d’Afrique, ou de n’importe quelle contrée que ce soit (si encore il existe des lieux où elle peut briller naturellement), ce serait plutôt la lumière immortelle de l’âme qui luit dans son œuvre, celle, salvatrice, qui flambe dans les icônes depuis des siècles. On est loin des noircisseurs de cathédrale qui théorisent à tout va et bénéficient aujourd’hui d’une gloire bien imméritée ! 

Par le choix de couleurs franches, de tons clairs, de formes simples, Chambry va vite. La vie l’impose. Mais ce n’est qu’une apparence; la patience, la pensée de la main font le reste, car elles obéissent à une autre temporalité, gisant dans le lieu le plus secret de l’artiste – et sans nul doute, inconnu de lui. 
Je peux en témoigner, car, depuis que je le connais, j’ai vu Chambry travailler inlassablement ses toiles – moi qui, absurdement, les pensais terminées – pareil à une mère, penchée au regard d’amour sur son enfant ! 
« Vouloir – c’est vouloir plus grand que soi. Autrement, ça n’en vaut pas la peine », écrivait Maria Ivanovna Tsvétaëva à Boris Leonidovitch Pasternak le 5 juillet 1924. L’exigence n’est jamais chez eux, chez lui, en repos, et c’est une des raisons pour lesquelles nous leur accordons notre estime. 

Certains, comme Van Gogh, ont succombé à cette lumière; lui la maîtrise au prix d’une certaine sévérité de la composition : ici, un simple arbre habite le tableau, là un parasol… Pratiquement aucune représentation humaine (à part un rare nu allongé, aperçu dans l’atelier), sauf lorsqu’elle exerce ses ravages sur les animaux comme dans les Tauromachies, dynamiques et violentes, aux combats suggestifs de noirs et de rouges – ou la nature. Visiblement, tout est rempli de lumière… Ici crie et s’écrit l’espoir par un « oui » à la vie. 

La peinture que nous avons sous les yeux dit aussi le désert de l’homme, qui ne pourra être sauvé que par les éléments qui l’entourent. Elle invite au recueillement, nous baignant du même coup dans un profond silence. 

Le peintre ici se fait le témoin de l’essentiel, restituant ce « soleil qui poudroie » et cette « herbe qui verdoie », comme il est dit dans le conte de Perrault. Il est le gardien visionnaire de la fin d’un monde. 


I V a n m é c I f écrivain et poête

 

 

 

 

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